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 La nuit d'après

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MessageSujet: La nuit d'après   Dim 10 Fév - 21:34

L'auberge était un grand bâtiment de pierres blanches que chapotaient un toit flamboyant. Elle se dressait au centre du quartier d'Elwar comme une matrone pérenne qui accueille les voyageurs avec son plus grand sourire. Sous les poutres de bois de sa grande salle éclatait à tout heure les rires tonitruants des nouveaux arrivants et des Heiwaniens encore sans domiciles à qui elle servait encore de demeure. Pour ces gens sans abris, les repas y étaient simples, le café léger, le vin lourd de menace et la bière proche de la pisse de chat; c'était en somme un petit paradis simple où l'on pouvait transiter avant de devenir, à force de labeur, un membre respecté de la communauté.

Comme Heiwa était une sorte de colonie, 'l'esprit de conquête et de découverte y était fortement présent et si les nouveaux arrivants profitaient de cette aubaine et de ce confort léger, y vivre trop longtemps sans chercher à gagner de l'argent était quelque chose de mal vu et une pratique peu voir non répandu Et si certains habitants de Shima reviennent après leurs débuts dans ce sanctuaire de l'amicale fraternité, c'est pour son ambiance chaleureuse

Quand Aloysius pénétra pour la prochaine fois dans ce haut lieux de la vie Shimayenne, il n'était pas arrivé à Heiwa depuis plus de quelques heures. Après une courte explication qui l'avait plus ou moins laissé de marbre, le jeune homme c'était rué dans le quartier commerçant à la recherche d'une épée qu'il n'avait pas tardé à dégoter. Depuis qu'il 'lavait déniché, il se sentait bien plus en sécurité. Avant, quand il était à l'école, il ne pouvait pas se déplacer avec son arme, mais maintenant rien ne l'empêchait de la garder serré contre lui. La ville ne lui semblait pourtant pas dangereuse et cela tenait plus d'un manque de confiance en soit que d'un sentiment de menace, le jeune humain étant bien plus à l'aise cet outils familier dans les mains. Puis le soir avait commencé à tomber et il avait demandé autour de lui où il pourrait passer la nuit. Il fut envoyé ici.

Après avoir récupéré une chambre sommaire et mangé un repas de circonstance pour son ventre que la mort avait commencé à affamer, le jeune humain alla s'installer dans une table bien au fond de la grand'salle. Les premiers verres de vins de son existence commençaient à lui monter à la tête et il se sentait arraché hors de lui. Cela était effrayant car il avait l'impression de ne plus vraiment maitriser ni son esprit ni son corps. Pour un adolescent normal dans un lieu inconnu rempli d'étrangers, une première ivresse est surement quelque chose d'angoissant. Pour lui, cette douce folie qui était en train de l'envahir était salvatrice.

Les images de la journée lui revenaient dans la tête. Son réveil très tôt ce matin, déterminé. L'arrivé au lycée et d'une certaine façon, l'au revoir à Mathilde. Ou plutôt les derniers regards qu'il a pu lui jeter. Puis il était rentré chez lui et c'était enfermé dans la salle de bain.

A quoi sert de revoir ton échec ?

Il sursauta presque. La voix c'était à nouveau réveillée et comme toujours seul lui pouvait l'entendre. Mais malgré ce conseil pour une fois plein de bon sens, la scène continua dans la tête. Il se mis à trembler légèrement. Il voyait presque le couteau tournoyé dans sa main. Ses vêtements tombèrent au sol et il pénétra dans la baignoire. Le froid lui lui comme un choc sur sa peau et il du se contrôler pour ne pas ressortir.

Tu n'as pas peur de ta propre angoisse. C'est bien. Peut être es tu plus fort que tu ne crois.

Tais toi.

Les gens le regardèrent dans la salle. Il avait surement prononcé cette réprimande à voix haute. Il s'affala un peu plus sur sa chaise et ferma les yeux. Il y était à nouveau. La douleur. le sang. L'image de Mathilde ? Non. Juste un monochrome noir, sans rien, comme si sa vie jusque là n'avait pas valu la peine d'une larme. Comme si rien n'avait été digne d'être pleuré dans la mort. Non, en fait rien ne lui avait semblé digne de l'être; n'avait t'il rien aimé ?

Son corps fut pris de spasme de plus en plus fort et des larmes se mirent à tomber sur la table de bois. Il tenta de les contenir et avala un nouveau verre de vin mais irrésistiblement les verrous psychologiques sautèrent et le contrecoup de son suicide le fit sombrer dans un désespoir froid et dur comme le métal. Une torpeur mentale avait anéanti ses capacités d'analyses et l'ivresse avait rendu sa partie émotive à fleur de peau. Il n'était après tout qu'un adolescent suicidé dans un lieu inconnu.



/

HRP: J'ai pris quelques libertés avec le background, j'éditerai si ça ne va pas !
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Lun 11 Fév - 14:21

Rei avait fini sa journée bien tard, au final. Il a eu tout juste le temps de vendre son butin avant que l’échoppe ferme. Il commençait à se familiariser avec le système monétaire et au final, ça lui rapportait pas mal d’argent. C’était pas une fortune, mais ce n’était pas la misère non plus. Il s’apprêta à rentrer chez lui quand un bâtiment particulièrement bruyant attira son attention. C’était une grande salle avec plein de monde qui buvait des breuvages colorés. Rei renifla l’air qui sentait la transpiration et la boisson de qualité moyenne… qu’est ce que c’était que ça ?

Il s’avança, intrigué par l’ambiance propice à la camaraderie et la beuverie. Il ne savait même pas ce que c’était que ces boissons. C’était de l’eau ? Du jus de cactus ? Du jus de fruits ? A l’odeur, non. Arrivé devant le comptoir, un grand homme essuyant un récipient avec un bout de tissu s’avança vers lui.


« J’te sers quoi ?
- Hein ?
- Kestu veux boire ?
- Heu… t’as du jus de cactus ?
- Nan, mais j’ai de l’alcool si tu veux.
- Heu… va pour de l’alcool.
-Bière ? Vin ? Ricard ? Whisky ? Tord Boyaux ?
-Heu… Ouikskie ! »

Rei ne tint pas compte des rires de l’assemblée et paya sa consommation (cher, quand même) avant de siroter. C’était fort ! Pas mauvais, mais fort quand même… Il allait devoir prendre son temps pour avaler ça. Aussi se chercha-il une place. Il repéra un homme isolé à une table, visiblement abattu. Il pleurait, tremblait, buvait un liquide rouge sang.

Rei fut intrigué et s’avança vers l’inconnu, ne demandant pas l’autorisation pour s’installer.


« T’as pas l’air bien… »

L’homme du desert l’examina. Il avait l’air jeune et chétif… et à peu près aussi paumé que lui. Sans doute un nouveau venu. Rei lui-même n’était la que depuis moins de 3 jours donc bon…
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Sam 16 Fév - 21:51

L'homme qui venait de s'installer en face de lui lui était inconnu. Ce fut la première pensée qui traversa la tête brumeuse du jeune humain quand le jeune Khal'Jinn Rei Lierien s'installa à sa table.

Il était un peu plus grand que lui, et plus svelte aussi; sa peau était bronzé et sur sa main on pouvait distinguer les marques d'un tatouage qu'Aloysius apparenta à ces tatouages aux hénés pratiqués en anatolie. Mais ce qui le marqua le plus dans cet individu qu'il trouvait bien sur atypique, c'est cette impression de force qui s'en dégagé. Cet homme (si il s'agissait bien d'un homme) semblait avoir vécu toute sa vie dehors; contrairement à ceux du jeune lycéen, ses muscles étaient fermes, sa peau marqué et son déplacement plein d'assurance. La pensée que le jeune homme moderne d'aujourd'hui, c'est à dire lui, est une dégénération de ce que doit être l'humanité, et en somme la relative faiblesse de sa position par rapport à d'autres dans cette salle, vint alourdir le fardeau de tristesse qui pesait déjà sur lui; il fut saisit d'un nouveau spasme, plus violent, et de nouvelles larmes coulèrent sur ses joues.

T’as pas l’air bien…

Non tu crois ?

Aloysius retint son sarcasme et ravala sa salive en relevant la tête pour faire face, séchant ses larmes. Ses yeux étaient injectés de rouge et des cernes sombres les entouraient. Il tenait ce qui devait être du Whisky et avait l'air d'aimer ça. De ce qu'il savait de cet alcool, c'était la preuve d'un homme de gout, comme le vin, alors que la bière est réservé aux profanes.

- Si je vais bien, ne vous inquiétez pas. Merci. Désolé.

Il venait de s'excuser. Pour rien. Encore une fois. Pour se punir de ce défaut qu'il avait clairement, il se mordit la lèvre d'un air gêné. Il n'avait pas vraiment envie d'être dérangé, mais il n'était pas en position de refuser un contact humain. Et il pressentait au fond de lui que parler, échanger, de toute et de n'importe quoi, sentir un peu en soit même de la générosité d'un autre être, et bien cela lui ferait du bien. Beaucoup de bien. N'était il pas un suicidé en quête d'une rédemption ? Devenir social était surement une des conditions pour ça.

-Tu t'appelles comment ? T'es d'où ?

Et cédant à ce qui allait très vite devenir un réflexe, il passa un doit au niveau de son poignet, la où la lame avait coupé et où restait seulement une propre cicatrice.
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Dim 17 Fév - 11:53

A peine Rei s'était-il installé que l'homme, qui l'avait dévisagé, fut pris d'un spasme et chiala de plus belle... non, il n'allait définitivement pas bien. Peut être que sa mort n'a pas été des plus joyeuses, ce qui expliquerait ses yeux bouffi à force de pleurer alors qu'il était à peine arrivé. Des tonnes de choses peuvent arriver à la mort. On peut avoir celle qu'on n'a pas vu venir, genre un tir d'arbalète en plein cœur dans le dos à la mort douloureuse par un assassin aussi cruel que sadique. Ah et il y a aussi la mort douce qu'on s'inflige soit même, le doux baiser d'un poison pernicieux qui s'insinue dans les veines pour nous plonger dans le sommeil éternel...

« Si je vais bien, ne vous inquiétez pas. Merci. Désolé. »

Rei haussa les épaules en guise de réponse. Il n'allait pas bien, évidemment, mais Rei pouvait comprendre qu'on ne veuille pas parler de ses problèmes alors il garda le silence. En tout cas, il n'y avait pas de quoi s'excuser, pourtant.

« Tu t'appelles comment ? T'es d'où ?
- Rei. Je viens du désert et j'ai atterri ici. »

Il pouvait difficilement donner un nom à son monde. Il voulait laisser le passé où il était, même si son clan lui manquait dans le fond. Ils ont pas forcément été des plus agréables avec lui, mais un clan reste un clan et ça ne changera pas.

« Je te laisse imaginer le dépaysement. Je passe d'un monde hostile et chaud à un monde froid et limite paisible. Je te cache pas que ça fait un choc et que je m'ennuie un peu. Avant on était sans arrêt sur nos gardes, on était un groupe soudé et on luttait tous ensemble pour notre survie, on chassait, on bougeait, on luttait pour survivre à chaque instant. Maintenant... bah je suis seul avec ma sœur sur-protectrice et tout ce que je peux faire pour m'occuper, c'est chasser et revendre la fourrure les os et tout ce qui peut servir à la ville. »

Rei but une nouvelle gorgée de whisky. C'était pas dégueu, mais fort quand même.


« Et toi alors, tu viens d'où ? Et comment tu t'appelles ? »

Il n'allait pas demander les circonstances de la mort, ça serait glauque, surtout s'il venait d'arriver. Il allait pas le traumatiser et passer pour un fan d'histoires gores... surtout que ça semblait profondément l'affecter.
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Mar 19 Fév - 10:38

- Rei. Je viens du désert et j'ai atterri ici. »

Du désert ? Quel désert Aloysius Encis essaya de se remémorer les différents déserts qu'il connaissait, mais cette homme n'avait l'air ni d'un saharien, ni d'un taigien, ni d'un aborigène, ni d'un sudafricain. Il ne ressemblait à rien de connu. Le plus proche de ces références étaient peut être un touareg bien que ces derniers sont plus souvent vêtu de couleur bleu clair contrairement à son interlocuteur. Mais sa peau était plus cuivré que l'aurait été celle d'un habitant du désert.


"Je te laisse imaginer le dépaysement. Je passe d'un monde hostile et chaud à un monde froid et limite paisible. Je te cache pas que ça fait un choc et que je m'ennuie un peu. Avant on était sans arrêt sur nos gardes, on était un groupe soudé et on luttait tous ensemble pour notre survie, on chassait, on bougeait, on luttait pour survivre à chaque instant. Maintenant... bah je suis seul avec ma sœur sur-protectrice et tout ce que je peux faire pour m'occuper, c'est chasser et revendre la fourrure les os et tout ce qui peut servir à la ville."


C'était quand même quelque chose de bien étrange, pensa le jeune homme. A la vérité, l'étranger ne semblait pas venir de... hum... la planète terre. Peut être d'une autre époque ? Ce qui le perturbait le plus c'est la généralisation du chaud et de l'hostile. Les déserts chauds de terre ont beau être un véritable enfer, il est des endroits où ces peuples vivent, hors du désert, parfois. Des endroits pas toujours chaud et même souvent froid, comme le sont les chaines de l'Atlas au Sahara.

Cela voulait il dire qu'il venait d'un autre monde ? Qu'il n'avait aucune référence commune avec lui ? Le fait de n'avoir rien à porter ensemble avec Rei ne perturba pas trop le jeune humain, peu habituer à échanger et que les lectures humanistes avaient convaincus qu'un homme ne pouvait pas être tout à fait mauvais.

Il avala une nouvelle gorgée de vin et se sentit mieux. La présence de l'autre mettait peu à peu fin à sa détresse nerveuse et émotive et l'alcool aidant, il se sentait prêt à parler et à s'ouvrir, sans ressentir l'importance qu'ont certaines informations que l'on donnent à ces moment là.

« Et toi alors, tu viens d'où ? Et comment tu t'appelles ? »


Je m'appelle Aloysius et je viens de France. Tu connais ? C'est un pays au climat tempéré, dès fois les hivers y sont rudes, les étés souvent chaud mais rarement brulant. Et la technologie bien plus développé que... ici. D'ailleurs 'est quoi cet endroit ?



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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Mer 20 Fév - 6:14

L'homme restait silencieux, observant Rei comme on observe une bête curieuse... ça mettait le jeune homme assez mal à l'aise pour être honnête. Qu'est ce qu'il avait à le regarder comme ça ? Et pourquoi il restait silencieux ? C'est pas pour dire mais si Rei est le seul à parler, ça va vite devenir barbant, ce dialogue, alors bouge tes miches et parle un peu !

L'homme but une gorgée du liquide bordeaux et se décidé enfin à se présenter.


« Je m'appelle Aloysius et je viens de France. Tu connais ? C'est un pays au climat tempéré, dès fois les hivers y sont rudes, les étés souvent chaud mais rarement brulant. Et la technologie bien plus développé que... ici. D'ailleurs 'est quoi cet endroit ? »

Heu...

« France ? Pays ? Hiver ? Eté ? Technologie ? Nan mais attends, je comprend rien à ce que tu racontes, la ! »

Bobo la tête, ça allait trop vite ! Il utilisait des termes qui n'existaient pas ! Au secours ! Rei resta impassible mais la moue qu'il tirait indiquait clairement que cette histoire le dépassait et qu'il aimait pas ça. Il soupira et reprit une gorgée de whisky avant de reprendre la parole.

« Aloysius, c'est ça ? Je suis désolé mais j'ai compris que la première et la dernière phrase, et encore la première la moitié seulement parce que je sais pas ce que c'est qu'un France machin chose. Pour l'amour de Sieben, On ne viens pas du même monde, tu en es conscient ? Ton univers était sans doute plus habitable et rempli de trucs que je peux même pas imaginer, mais c'est justement pour ça que tu dois faire l'effort de pas employer de terme trop technique pour un simple nomade qui a passé sa vie à chasser et ramener de la bouffe pour un clan de 30 nomades du désert. Si encore tu me parlais de sable et de loups du désert, j'aurais compris, mais la j'ai pas pu traduire la plupart des termes. »

Bon, voilà qui était dit. Restait plus qu'à répondre à sa question.

« Et cet endroit... ben d'après ce que j'ai compris, c'est un monde où on atterrit après notre mort, une sorte de deuxième chance offerte par les dieux dans un lieu inconnu mais plutôt hospitalier, je trouve. Moi chuis la depuis quoi... 3 jours et ça me plaît plutôt bien, quoiqu'on se les gèle ici. Mais ça doit être moi, j'ai passé ma vie dans une fournaise après tout. »

Il se prit une nouvelle gorgée et sentit sa tête lui tourner un peu, au point qu'il faisait même plus attention à ce qu'il disait.

« En plus j'ai pas eu de chance, j'ai atterri ici avec ma sœur. Elle est grave canon, mais putain ce qu'elle est barbante. Elle se sent obligée de me surveiller comme si j'étais un gosse plutôt qu'aller se chercher un mec. Tu sais quoi ? Je crois qu'elle est du genre incestueuse. J'devrais faire gaffe... quoique je dirais ptet pas non. »

Et il se mit à rire. Si Rei était habitué au cactus, il n'a jamais goutté d'alcool de sa vie et il en faisait les frais. Il savait même pas que ça existait sous d'autres formes dans son monde... merci Isil de l'avoir laissé si ignorant.
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Mar 12 Mar - 18:47

L'homme qui lui faisait face avait de plus en plus l'air d'être un primitif. Un sauvage sans finesse ni capacité cognitive, comme ces hommes superstifieux et brutaux qui servent de peuples intermédiaires dans les livres d'aventures. Si la suite était logique, il viendrait d'un univers particulièrement spécifique, un truc genre un monde de montagne, un désert, une forêt, une plaine, un truc bien uniforme et sans trop d'intérêt, à part celle, pour le héros, de tester sa valeur face à ou chez des primitifs avant d'étinceler dans le monde civilisé.


« Aloysius, c'est ça ? Je suis désolé mais j'ai compris que la première et la dernière phrase, et encore la première la moitié seulement parce que je sais pas ce que c'est qu'un France machin chose. Pour l'amour de Sieben, On ne viens pas du même monde, tu en es conscient ? Ton univers était sans doute plus habitable et rempli de trucs que je peux même pas imaginer, mais c'est justement pour ça que tu dois faire l'effort de pas employer de terme trop technique pour un simple nomade qui a passé sa vie à chasser et ramener de la bouffe pour un clan de 30 nomades du désert. Si encore tu me parlais de sable et de loups du désert, j'aurais compris, mais la j'ai pas pu traduire la plupart des termes. »


Ah ben oui ça ne pouvait pas rater. Finalement tout était dans l'imagination humaine, même ce qui est après la mort. Et ce sont les livres qui contiennent les preuves de notre imagination. C'était une expérience très intéressante et beaucoup d'auteur aurait donné cher pour ce qu'il était capable de raconter désormais. On aurait même pu faire une thèse philosophique à partir de ça, sur la toute puissance de l'imaginable et la complétude de l'imaginé.

Le fait d'avoir en lui les savoir pour comprendre ce monde, mieux que le sauvage pourtant sympathique qui lui faisait face lui redonna un peu de confiance, preuve que l'alcoolisme a certaine qualité. L'ivresse l'empêcha de se rendre compte que avec ou sans réservoir de connaissance pour comprendre le monde sauvage autour d'Heiwa, le machin truc du désert, habitué à des environnements beaucoup plus hostiles que lui, était sur le court terme bien plus adapté à survivre que lui.


« Et cet endroit... ben d'après ce que j'ai compris, c'est un monde où on atterrit après notre mort, une sorte de deuxième chance offerte par les dieux dans un lieu inconnu mais plutôt hospitalier, je trouve. Moi chuis la depuis quoi... 3 jours et ça me plaît plutôt bien, quoiqu'on se les gèle ici. Mais ça doit être moi, j'ai passé ma vie dans une fournaise après tout. »

Les évènements se déroulaient comme son esprit pourtant brumeux pouvait le prédire. Le sauvage avait donc compris que c'était un monde post-mortem; il avait l'air empreint d'un fort mysticisme sans vraiment comprendre ce qu'est la religion. D'une certaine manière, ce type était franchement sympathique. Un bon gars, qui n'allait pas agresser les gens et même plutôt les aider. Un type avec qui il vaut mieux devenir ami, surtout quand on est un avorton humain au milieu de cette folie.



« En plus j'ai pas eu de chance, j'ai atterri ici avec ma sœur. Elle est grave canon, mais putain ce qu'elle est barbante. Elle se sent obligée de me surveiller comme si j'étais un gosse plutôt qu'aller se chercher un mec. Tu sais quoi ? Je crois qu'elle est du genre incestueuse. J'devrais faire gaffe... quoique je dirais ptet pas non. »


Une soeur ? Il a donc une famille ? Ils vont donc s'organiser pour survivre. Cela faisait de l'homme un danger potentiel supérieur mais aussi un allié plus simple à amadoué. Autant rentrer dans son jeu, et puis l'esprit d'Aloysius n'était pas vraiment en état de manipuler celle de Rei; il était trop fatigué et soul pour se projeter aussi loin. Pourtant, comme un réflexe venu de méandres inconnus à lui-même, il joua la carte de l'empathie et de l'imagination.

Il fut pris à nouveau d'un brusque sanglot, de chaudes larmes qui vinrent se mêler au rude vin de la taverne. Les bras tremblants, on aurait pu croire à un pantin désarticulée qui tant bien que mal se servit à nouveau du liquide rougeatre, pour diluer le gout du sel.

"Soeur... Ma soeur... elle est encore là-bas... elle va m'en vouloir. Je n'avais pas le droit de la laisser toute seule."

Il pleura de plus belle. Et pris de spasmes, de sanglots, à travers le gout salé qui lui rentrait horriblement dans la bouche, il parvint à articuler:

"Mes parents travaillent beaucoup et passe peu de temps avec nous. Du coup c'est moi qui devait m'occuper d'elle. Si tu la voyais, elle est comme une brise matinale, vive et fraiche, posant de la gaieté partout. Enfin chez toi, les brises matinales doivent être pleine de sables, salées et brûlantes... enfin elle met de la joie partout autour de soit. Elle a des yeux qui vous pardonneraient la misère du monde, un coeur grand comme les dunes de ton désert, j'en suis certain..."

Et ravalant ses larmes, mettant fin à ces sanglots déjà trop long.

"et maintenant je l'ai abandonnée là-bas".
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Mer 13 Mar - 7:31

Quelque chose n’allait pas. Quelque chose de chaud se répendait en Rei et diffusait une sensation d’euphorie qui était tout sauf naturelle. C’était comme avec le cactus, mais c’était quand même assez différent. Il avait chaud, il se sentait bien, il avait envie de faire la fête, de se lâcher. Ca fait des années qu’il a pas fait le con !

… enfin c’était pas pour tout de suite : le mec avec lui était tout bonnement… pas enclin à partager l’euphorie de son compagnon d’un soir. En plus il utilisait des mots compliqués pour parler… pourquoi il fallait qu’il fasse son cerveau ? Allez, lâche toi et parle comme tout le monde !

C’est alors que l’homme s’effondra sur la table, en pleurs.


« Soeur... Ma soeur... elle est encore là-bas... elle va m'en vouloir. Je n'avais pas le droit de la laisser toute seule. »

Oh… la gaffe ! Rei tapota l’épaule de son compagnon. Il a pas pensé au fait que, si lui est arrivée avec sa sœur, qui était son unique famille, les autres n’ont fort probablement pas eu cette chance.

« Mes parents travaillent beaucoup et passe peu de temps avec nous. Du coup c'est moi qui devait m'occuper d'elle. Si tu la voyais, elle est comme une brise matinale, vive et fraiche, posant de la gaieté partout. Enfin chez toi, les brises matinales doivent être pleine de sables, salées et brûlantes... enfin elle met de la joie partout autour de soit. Elle a des yeux qui vous pardonneraient la misère du monde, un coeur grand comme les dunes de ton désert, j'en suis certain... »

Rei l’écoutait attentivement, quelque peu dégrisé sur le coup. Ce mec peignait un tableau si idyllique de sa sœur. Elle devait vraiment compter pour lui. Lui ne pouvait pas vraiment en dire autant de la sienne même s’il n’aurait aucun mal à la décrire en bien.

« et maintenant je l'ai abandonnée là-bas. »

Rei contourna la table et s’installa à côté de son nouvel ami, tapotant son dos.

« Hééé ! C’est pas ta faute, d’accord ? On choisit pas le moment de sa mort. Et puis je suis sur que ta sœur ne t’en voudra pas. Tu as du avoir une belle mort et de magnifiques funérailles. Ta famille va longtemps te pleurer mais n’oubliera jamais que tu as été un mec bien. Allez, calme toi. »

Ignorant le fait que ce qu’il faisait n’était pas vraiment conseillé quand on voulait réconforter un homme triste, Rei remplit le verre du jeune homme de ce liquide bordeau et le calla entre les mains du jeune homme.

« Chez moi, quand quelqu’un est en larme, on lui sers un grand verre d’eau aromatisé au cactus, mais il n’y a pas de cactus ici alors bois ton truc rouge, ça devrait faire l’affaire. »

Lui finit son verre de whisky et sa tête lui tourna plus encore.

« Tu sais, ma sœur et moi on a pas eu autant de chance que toi. On est mort bouffé par des fourmis géantes. On aura pas de funérailles. De toute façon, notre clan nous aimait pas vraiment malgré le fait qu’on se donnait à fond pour eux. C’était une belle bande de salopards, j’espère que les fourmis les ont bouffé aux aussi ! Même si c’est ma faute si ma sœur est moi on est mort… j’ai fait une belle connerie, tiens… »

Il eut la mine sombre un moment, puis il éclata d’un grand rire et tapa vigoureusement le dos de son nouvel ami.

« Enfin, le principal, c’est qu’on est ensemble dans ce nouveau monde ! Et tu vas voir qu’on sera bien plus heureux, elle et moi ! P’tet même qu’on retrouvera nos parents ici ! J’aimerais bien les rencontrer, tiens ! »

Laborieusement, il se leva et franchit les 20 pas qui le séparaient du barman.

« Hé, toi ! Tu me refiles de ton… oui skie ? Et pis une cruche du machin rouge, la, pour mon copain ! »

Après avoir payé, il arriva miraculeusement à retourner à sa place en ne renversant presque rien de ses achats.

« Allez. A la santé de nos sœurs ! »

Il trinqua et il but.
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Jeu 14 Mar - 17:25

Aloysius continua de pleurer bien longtemps après qu'il eu voulut arrêté. Pour toute fasse qu'était cette histoire, elle était triste et belle et déclenchait en lui une émotion violente. L'alcool mêlait ses raisonnements aux esprits animaux qui laissaient dans ses veines de profonds sillons et il se rendit compte, sans pouvoir s'empêcher de larmoyer, qu'il décrivait là une sorte de vie idéal qu'il aurait voulu avoir; celle d'une personne capable de le comprendre alors que tout le monde le rejetait. Lui le solitaire, aimait d'un amour fraternel, mais aimé. Cet homme du désert avait trouvé en lui même une profonde vérité en lui parlant de sentiment incestueux et son esprit avait du amalgamé cela d'une étrange façon. La douceur du sentiment qui l'envahissait, en compassion à son pseudo-lui le fit trembler sincèrement et quand il voulut arrêter ce déchainement iodés, in n'y parvint donc pas; l'alcool avait pris le dessus et son esprit était aiguisé à la manière des esprits émêchés; et si il n'allait pas reculer devant ce plan de l'empathie qui marchait à merveille, il était lui-même, sentimentalement, prisonnier de ses propres rêves qu'il avançait maintenant avec une certitude et un calme nouveau.


Hééé ! C’est pas ta faute, d’accord ? On choisit pas le moment de sa mort. Et puis je suis sur que ta sœur ne t’en voudra pas. Tu as du avoir une belle mort et de magnifiques funérailles. Ta famille va longtemps te pleurer mais n’oubliera jamais que tu as été un mec bien. Allez, calme toi. »

Si ma famille allait pleurer ? Il partit d'un rire sardonique du fond de ses gloussements spasmodique due aux pleurs. La vérité était trop dur pour être dite à son interlocuteur. Ses parents seraient surement déçu de le voir mort, mais ils finiraient surement par surmonter la douleur. Et la voix de l'ivresse lui souffla qu'au moins il avait eu par sa mort une vengeance depuis longtemps assouvi sur ses géniteurs. Pour les belles funérailles, l'homme avait surement raison, après tout sa famille avait les moyen de les lui payer. Un enfant de l'acier n'a pas le droit de mourir tranquillement sans qu'on vienne emmerder son cercueil de parures inutiles, qu'on ne lui paie une petite place dans le caveau familiale au Montparnasse et qu'on dépose une belle citation sur sa plaque funéraire. Il voyait ça d'ici

"Ci-git Aloysius Ensis, mort à l'age de 17 ans après s'être ouvert la mort. Que son âme rejoigne celle de ces ancêtres et peut être en son paradis croisera t'il celle de Sénèque afin de comprendre l'absurdité de sa mort".

Amen, c'était vraiment horrible d'avoir une telle épitaphe. Plutôt une citation de Nerval ou d'un autre. Enfin, Nerval est enterré au Père Lachaise mais il pourrait toujours le rencontrer lors d'un open bar inte-cimetierre. En attendant il se contenterai de Serges, Jean Paul et Simone. Et de quelques autres. Mais reste que

"Et quand le moment où las de cette vie
Un soir d'hivers enfin l'âme lui fut ravie
Il s'en alla en disant "Pourquoi suis-je venu" ?" (Nerval)

C'était quand même sacrément mieux. Et comme il avait disjoncté dans un monde qui n'appartenait qu'à lui, Rei continua de meubler la conversation.

« Tu sais, ma sœur et moi on a pas eu autant de chance que toi. On est mort bouffé par des fourmis géantes. On aura pas de funérailles. De toute façon, notre clan nous aimait pas vraiment malgré le fait qu’on se donnait à fond pour eux. C’était une belle bande de salopards, j’espère que les fourmis les ont bouffé aux aussi ! Même si c’est ma faute si ma sœur est moi on est mort… j’ai fait une belle connerie, tiens… »


Ah bah tiens c'était une bonne information ça. Maintenant il fallait trouver une belle mort bien triste à raconter parce que sinon, ça n'allait pas le faire. Mais pas trop idéal quand même. Si il était mort pour sauver sa soeur, d'abord le mec allait surement fondre en larme lui aussi, et vu sa fragilité sentimentale, Louis ne se sentait pas trop de jouer à ça. Et puis il n'avait aucune envie de faire souffrir ce brave garçon qui tentait quand même de le consoler. Cela dit, il faut que ma mort implique ma soeur, d'une manière ou d'une autre.

Il essaya de rassembler dans son esprit tout les facteurs d'une mort correcte pour son interlocuteur. D'abord cela devait impliquer sa soeur fictive car le touareg semblait avoir un sérieux problème d'assurance répulsion avec la sienne et que cela le toucherait. Aloysius pensa à un moment de proposer une mort un peu similaire à celle de son interlocuteur, un truc du genre

J'étais trop malheureux alors j'ai fugué. Du coup ma soeur est venu me chercher et elle m'a retrouvé alors que des gens m'avaient agressés. Elle a voulut s'y opposer et l'on s'est tuer tout les deux

C'était pas une mauvaise mort, avec le mélodrame et tout et tout. Un peu plus et on pouvait en faire un roman. En fait on en avait fait un roman, mais sans la mort du héros. Et toute la première partie de Catcher of the Rye aurait fait une histoire parfaite qu'il aurait franchement pu terminer par une double mort tragique. Mais comment expliquer l'absence de sa soeur alors ? Elle aurait bien pu être dans le comas mais il l'aurait déjà mentionné si ça avait été réelle. Non tout ça tenait debout, mais était trop dur à ficeler pour son état d'alcoolémie. Et trop parfait. La perfection est une maitresse trompeuse pleine de mauvaises intentions.

Quoi d'autres ? Cela devait avoir un lien avec sa soeur. Etre un peu con aussi, pour que Rei puisse s'identifier.

Pouvait il penser à une mort correcte à lui raconter en fonction de cette définition ? Non, son esprit était bien trop embrumé, les éléments et facteurs à gérer trop nombreux. Autant ne pas trop en dire quand on est dans un état où parler et mauvais. Et puis l'histoire de Rei l'avait touché profondément et il voulut à son tour consoler son interlocuteur. Il le laissa parler et accepta quand celui-ci lui resservit de son verre et du fond du brouillard, son esprit nota que quand on commence à servir quelqu'un en vin, on boit avec lui et quand on boit avec quelqu'un, on devient ami.

Enfin c'était ce qu'on trouve dans les livres ou les héros boivent dans les tavernes des choppes de bières sans fond et finissent en chantant des chansons paillardes. Même dans le Seigneur des Anneaux ça ne manquait pas; comme quoi ca devait être vrai si Tolkien l'avait écrit.

Boire avec lui et partager sa douleur était une bonne idée. Et comme le malheur des autres offre parfois une certaine catharsis à nos propres problèmes, et que la curiosité le piquée fortement, il voulut savoir ce qu'il s'était passé. Un monde de désert, des fourmis qui mangent des hommes, une soeur qui se sacrifie pour vous; rien que pour la qualité de son livre, ce Rei était quelqu'un avec qui il devait devenir ami.


« Allez. A la santé de nos sœurs ! »


Et quand celui-ci porta un toast, il but son verre d'un trait raide et se resservit. Maintenant il devait trouver un moyen d'en savoir plus sur le monde de désert car il faut bien l'avouer, même au fond du désespoir, l'esprit romanesque arrivait à percer; et quand l'alcool aiguisé cette lance de curiosité, elle piquait drue à travers le brouillard de son coeur et de ses émotions.

"T'en fais pas, je suis sur que tu n'y es pas pour grand chose. Et même si c'était ta faute, nous sommes ici maintenant ça ne sert à rien de t'en faire. Elle t'a surement pardonnée"

Mais il faut bien l'avouer, être mangé par des fourmis, ca devait être un souvenir franchement choquant. Mais au moins Rei avait un peu réussi à le calmer et maintenant il ne pleurait plus. Ce type avait quand même un sacré talent et sil il était en train d'arranger un peu les choses, il ressentait une vraie sympathie pour le jeune homme du désert.
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Sam 16 Mar - 19:59

Cette boisson là.. le... oui machin truc, ça avait vachement bon goût. Ouais, il aurait aimé que ça existe dans son monde ! Ça tenait chaud, ça faisait qu'on se sentait bien même après une dure journée de travail, et ça rendait heureux. Ca doit être un breuvage fait par des mecs vachement doué et très sympa ! Ah, s'il avait connu ça des années plus tot, il s'entendrait vachement mieux avec sa sœur ! Il se serait même bien entendu avec son clan ! Pourquoi il n'y a rien de sympa dans son monde ? Ya que des emmerdes, faut risquer sa vie pour la vivre et les gens se tapent dessus plutot que se parler. Il était vachement content d'être à Heiwa maintenant, tiens !

Son copain, en revanche, il tirait une de ces têtes ! On croirait que quelqu'un est mort... bon ok, il est mort lui, mais quand même il était vivant, non ? C'était ce qui comptait... attends... c'est con ce qu'il venait de penser ! On peut pas être mort ET vivant à la fois, ci ? Grah ! Bobo la tête, stop arrêter de réfléchir. Il est triste, faut lui remonter le moral !

Sauf que le copain en question il disait rien ! Rei se sentait con à parler tout seul. Hé, ho ! Arrête de l'ignorer et dis quelque chose ! Tu veux encore un peu d'eau rouge ? Tiens, faudra qu'il goutte ça aussi, c'était peut être bon ?


« Allez. A la santé de nos sœurs ! »

Enfin il décida d'ouvrir sa bouche ! Rei sourit et trinqua avec lui, le reste de son oui skie finissant au fond de son gosier ! Et il toussa. Pfouah ! Fallait pas boire ça d'un coup ! Pour un peu il aurait vomi tellement ça l’écœurait d'en boire trop d'un coup ! Ca lui apprendra, tiens !

En revanche, Aloysius a bu son verre d'un coup, donc son eau rouge devait pas être si fort que ça, il allait goûter tiens. Il piqua un petit fonds du liquide rougeâtre dans la carafe et en but un peu... ça aussi c'était bon ! Un peu trop léger, peut être, mais bon ! Les larmes ont cessé de couler, enfin ! Rei lui sourit, l'encourageant à continuer comme ça.


"T'en fais pas, je suis sur que tu n'y es pas pour grand chose. Et même si c'était ta faute, nous sommes ici maintenant ça ne sert à rien de t'en faire. Elle t'a surement pardonnée"
- Ouais, je suppose. Enfin, quand même, ça me fait mal qu'elle ne me le dise pas. Avant elle était tout le temps près de moi à me surprotéger. Elle me traitait comme un gamin, toujours à m'empêcher de grandir, de faire ce que je voulais... c'était à peine si elle me laissait chasser mais c'était vraiment parce que si je me rendais inutile, la tribu m'abandonnait. C'est comme ça, chez nous : si t'es trop vieux, handicapé ou incapable de faire quoi que ce soit, on te laisse derrière et tu meurs. Les blessés, on ne les garde que s'ils peuvent se remettre de leur blessure rapidement, sinon pareil : on le laisse derrière. C'était barbare et même si j'aimais pas beaucoup mon peuple, j'aimais pas ça. Et ma sœur... ben c'est pour ça qu'elle arrêtait pas de me surveiller et s'assurer que je reste en vie et indemne. C'est limite si elle me coupait pas elle même la viande pour que je ne m'entaille pas le doigt avec le couteau. Maintenant... maintenant... »

Il regarda le fond de son verre.

« Maintenant je suis seul. Je ne me réveille pas dans ses bras parce qu'elle est venue dans ma couchette sous prétexte que j'aurais fait un cauchemar pendant la nuit, elle ne me suis plus pour me surveiller, elle m'ignore limite, on parle très peu... j'ai toujours attendu ce moment et maintenant je regrette presque que les choses aient changé... »

Il s'effondra sur la table, le verre de vin roulant et tombant au sol dans un tintement métallique, le liquide rougeâtre répandu sur le bois ciré du support.

« Mais je l'ai mérité ! C'est ma faute si elle est morte. Ma faute ! Putain ! Pourquoi j'ai écouté cette bande de connards ? J'aurais du obéir à ma sœur ! Putain ! Putain ! »

Il cogna son front sur la table une première fois, puis une deuxième. A la troisième, il vit des étoiles, à la quatrième il avait même plus la force de relever la tête pour une cinquième, mais il pouvait encore pleurer.

« J'ai fait que des conneries toute ma putain de vie. Je voulais que ma sœur me lâche mais en fait j'aimais bien qu'elle prenne soin de moi. Je suis vraiment qu'un gros gamin immature... Je peux pas vivre sans elle ! »
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Dim 7 Avr - 10:58

Le jeune homme venu du désert venait de partir dans une grande tirade qu'Aloysius parvenait difficilement à suivre. Mais même si il n'avait pas une compréhension parfaite de ce que son interlocuteur lui racontait, il sentait une forte empathie se dégager et il avait envie de le soutenir. C'est un des effets de l'alcool que d'exalter les âmes généreuses qui dès lors se tournent dans une sympathie certaine vers ceux qui souffrent pour les soutenir.

D'autant que Rei regardait désormais d'un regard vide et dégouté. Il émanait de lui une mélancolie douloureuse qui trouvait son reflet dans les iris du jeune homme que l'alcool rendait surement hagard. Aloysius pensa que l'homme du désert ne pouvait plus relativiser la chose et se retrouvait subjuguer par ses sentiments. Et lui aussi se laissait emporter. Il avait pourtant lu quelque part que l'alcool excitait les passions et pouvait reconnaitre là son effet; mais connaitre n'est pas résister et les deux adolescents avaient désormais lâcher pieds par rapport au réel.

« Maintenant je suis seul. Je ne me réveille pas dans ses bras parce qu'elle est venue dans ma couchette sous prétexte que j'aurais fait un cauchemar pendant la nuit, elle ne me suis plus pour me surveiller, elle m'ignore limite, on parle très peu... j'ai toujours attendu ce moment et maintenant je regrette presque que les choses aient changé... »

Oui ce jeune homme avait vraiment un problème de relation avec sa soeur. Mais cela pouvait surement être exploité, mais pour ça il fallait la rencontrer. Aloysius pensa même qu'il pouvait l'aider à arranger cette drôle de situation car lui-même était d'abord généreux et gentils avant d'être manipulateur et mythomane. Les mots sont des armes qu'il faut savoir utiliser pour se protéger quand on se sent vulnérable.

Le verre tomba dans un bruit métallique alors que le jeune homme s'affaissait devant Aloysius. Le vin tâcha le sol et le bois alors que Rei partait dans un murmure difficilement compréhensible.

« Mais je l'ai mérité ! C'est ma faute si elle est morte. Ma faute ! Putain ! Pourquoi j'ai écouté cette bande de connards ? J'aurais du obéir à ma sœur ! Putain ! Putain ! »


Il se mit à frapper avec rudesse sa tête sur la table en bois. Gêné et apeuré, le jeune humain n'osa pas s'interposer dans les mouvements violents, sporadiques et douloureux de Rei. Il regarda autour de lui où personne, de ce qu'il avait l'impression de voir, ne semblait remarquer cette percussion diabolique. Tous se trouver dans un état d'ébriété avancé; enfin le jeune Kash'lin s'arrêta, permettant à l'humain d'intervenir enfin.

« J'ai fait que des conneries toute ma putain de vie. Je voulais que ma sœur me lâche mais en fait j'aimais bien qu'elle prenne soin de moi. Je suis vraiment qu'un gros gamin immature... Je peux pas vivre sans elle !

Mais que dire ? Quoi faire ? Il ne savait pas tant que ça et restait hésitant. Il voulut se lever mais le monde se mis à tourner comme si ça tête était une toupie géante quand il se redressa. Il fit un pas devant lui, parti à la renverse et évita Rei Lieren de justesse, tombant à coté de lui. Dans la grande salle, les discussions continuaient et personne ne semblaient les avoirs remarquer. Ce qui était très étrange; peut être ces gens étaient ils habitués aux effets de l'alcool.

Il se releva comme il put et mis une main sur les épaules de Rei déjà immobile. Rester là ne servait à rien. D'autant qu'il se sentait particulièrement vulnérable tout de suite et il qu'il n'avait absolument pas envie de rester ici. Sa peur lui hurlait d'aller dans sa chambre le plus normalement possible et de s'écrouler sur son lit, mais laisser le jeune Rei ici n'était pas une bonne idée. L'aider à rentrer ne couterait rien et ne présentait, à première vu, aucun danger. Autant le faire, c'était à la fois une bonne action et un moyen efficace de faire progresser leur relation.

Il passa le bras de Rei pardessus ses épaules et commença à lever doucement.

"Allez debout, je vais te ramener à la maison... Fais attention mon grand ca va tourner".
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MessageSujet: Re: La nuit d'après   Dim 7 Avr - 19:34

Les étoiles dansaient sur ses paupières closes alors que son cœur se serrait, projetant un liquide salé qui roulait le long de ses joues. Il avait la tête qui tournait et envie d'aller pleurer dans les bras d'Isil en s'excusant d'être un petit frère si insolent.

Il était tellement pris dans son tourment qu'il ne remarqua même pas la chute, pourtant bruyante, de son compagnon de beuverie du soir. En revanche, il sentait la main sur son épaule,une main chaude et compatissante qui apaisa un tantinet son tourment du moment. Puis il souleva le bras de Rei et le souleva lentemant.


«  Allez debout, je vais te ramener à la maison... Fais attention mon grand ca va tourner
- Ouais... »

Il releva la tête, un peu résigné, et se leva en poussant le banc de ses jambes. La pièce se mit alors à tourner, tout comme les clients et il retint un puissant haut-le-coeur qui chariait une mixture peu ragoutante du fond de son estomac. Par Sieben sait quel exploit, il parvint à renvoyer le liquide acide d'où il venait. C'était afreusement dégueulasse. Dès qu'il rentrera, il boira un peu d'eau.

« J'habite dans une maison située à l'extérieur de la ville, dans les plaines. »

Il se dégagea alors du soutien d'Aloy et fit trois pas avant que le sol ne se soulève alors pour lui faire un beau bisou bien froid. Rei fixa le plancher sale quelques secondes. Le monde venait de bouger ? Pourquoi il était plaqué contre ce qu'on pouvait désormais appeler un mur ? … Il lui fallut deux bonnes minutes avant que son cerveau embrumé émette l'hypothèse fort probable qu'il avait juste trébuché. Faisant comme si de rien n'était, il prit un appui incertain sur la table et se redressa en titubant un peu, cherchant à atteindre de façon la moins zigzagante possible la porte de sortie.

L'air frais de l'extérieur lui fouetta le visage... frais ? Froid oui ! Un froid polaire pour un homme du désert... encore que comparé aux nuits du désert, il faisait plutot chaud. Il observa la ruelle vide et se posa alors une question existentielle : la sortie vers les plaines, c'était côté gauche ou droit ?


« C'est... par la, je crois ! »

Il choisit la rue de gauche et la suivit en sifflant un air de son monde, une musique aux sonorités orientale. Il n'était pas doué pour chanter alors il sifflait, mais la mélodie parlait des douceurs que son monde aurait jadis connu. De la nourriture abondante, de l'eau partout, des oasis, des villes entières. Un luxe aujourd'hui disparu...

Son monde lui manquait...
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La nuit d'après

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