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 La Belle et la Bête [ avec Magda ; libre ? ]

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Age du Personnage : 23 ans
Race : Demi-Orque
Métiers : Travailler, c'est pour les faibles. Taper, ça c'est un truc bien !
Argent : 500

MessageSujet: La Belle et la Bête [ avec Magda ; libre ? ]   Sam 13 Avr - 12:43

La douleur fut vive, fulgurante, instantanée. Tak hurla, hurla à s'en briser la voix, dans le chaos de la bataille, et puis, plus rien. Elle entendit la voix de son père, qui hurla aussi, loin, très loin... et plus rien. Le néant, encore plus noir que la plus profonde des nuits sans lune. Tak se sentit flotter quelques instants, comme en attente, comme si on l'observait – elle reprit conscience peu à peu, mais une conscience très extérieure, diffuse et embrumée. Elle se vit flotter dans cet espace sans fin, avec cette déchirure béante et hideuse à la place de l’œil droit. Une partie du crâne était fracturée et son contenu s'échappait doucement dans les limbes. Tak avait déjà vu ce genre de blessures sur d'autres ; il n'y avait aucune chance. Mais cela ne l'alarma pas. Peut-être était-ce parce qu'elle ne ressentait rien ? Ni douleur, ni inquiétude, rien. Aucune fatigue, aucune colère, aucune joie, juste... ce sentiment de paix, de plénitude, elle était morte au combat, et les dieux l'accueilleraient bientôt au banquet des guerriers défunts.
Elle se sentit peu à peu disparaître, se fondre avec les ténèbres, s'engourdir pour l'éternité. Et pourtant... Il lui restait quand même une pointe de vie, un dernier souffle, une flammèche qui se débattit dans le néant.

« Comme c'est moche, cette blessure, » songea-t-elle distraitement. Ça lui ferait une cicatrice de plus, et ça, ça ne la dérangeait pas ; mais être borgne, c'était un désavantage assuré en combat ! « Mmh... J'aimerais bien aller me reposer au soleil pour soigner ça. » Oui, au soleil... Un endroit tranquille, pour une fois... ça serait bien.

Soudain, les ténèbres se figèrent autour d'elle. Le sentiment de plénitude disparut, remplacé par la réalité, l'angoisse, la douleur. Où était-elle ? Que se passait-il ? Qu'était-il arrivé au reste du clan ?
Puis elle chuta, longuement, dans un cri silencieux, vers un gouffre de lumière chaude et aveuglante.

Elle se releva avec un mal de crâne de tous les diables, cherchant désespérément ce qu'elle avait bu la veille pour mériter ça. Mais nul souvenir de beuverie ne lui vint ; juste le combat, la violence et la mort. Le clan avait été payé pour attaquer un village de paysans, mais ils avaient été piégés... Pris dans une embuscade, elle avait vu ses camarades tomber un à un, avant de succomber elle-même.
Incrédule, Tak tâta avec précision l'arrière de son crâne. Nul trou béant, bien qu'il lui manqua quelques mèches de cheveux là où la lance était ressortie. Et son œil droit y voyait toujours aussi clair, ce qui tenait du miracle. Son premier réflexe fut de penser à l'homme-médecine, qui avait dû accomplir ce prodige. Malheureusement, elle n'était pas – mais vraiment pas – dans quoique ce soit qui ressemblerait à une des tentes du clan. Elle était dans une pièce... C'était de hauts murs de pierre, plus beaux et plus polis qu'elle n'avait jamais vus. Doux et froid au toucher, il lui avait fait une couche plus agréable que sa paillasse habituelle. Sauf que cette pièce ne lui disait rien, et que le paysage qu'on apercevait au travers des fenêtres ne lui parlait pas non plus.

Tak refusa de s’inquiéter. Elle détendit ses muscles un à un, fit l'état de ses pertes – elle n'avait plus de hache, mais il lui restait son plastron en écailles, son couteau à tout faire et même sa besace – et décida de partir explorer cet endroit étrange. Elle passa une première porte, croisa un jeune humain dans un couloir qui cria et s'évanouit à sa vue. Tak sourit. Bon, les Orcs étaient donc déjà connus ici. C'était bon signe.
Elle avait peut-être fait un mauvais rêve. Elle avait peut-être été blessée et on l'avait amenée ici. Mmh... Sauf qu'elle avait bien mal à la tête, quand même, pour un simple cauchemar ; et que son père n'aurait jamais laissé quiconque la transporter en ville, surtout dans un état si proche de la... mort.

Cette pensée l'embêtait un peu. Quand on mourrait, on allait au Banquet des Dieux. Même les non-combattants y allaient, pour un peu que leur mort soit violente. Or, cet endroit n'avait rien à voir avec le Banquet des Dieux – ça manquait de viande, de bière et de jolies serveuses. Ça manquait de musique, aussi, d'odeur de sueur et de boisson. C'était calme, apaisant, lumineux... ça ne pouvait pas être le Banquet. De toute façon, la plupart de ceux et celles qu'elle croisait en descendant les étages la fuyait. Les courageux qui essayaient de l'aborder lui baragouiner des sornettes et elle les ignora aussi longtemps qu'elle le pu. Quand ils furent deux ou trois à la suivre en répétant les mêmes inepties, Tak prit le temps de s'arrêter et de les écouter. Comme elle n'avait vu aucun indice qui lui laissait à penser que le clan était dans le coin ou qu'une jolie blonde allait lui amener à boire, il était grand temps d'admettre qu'elle n'était définitivement pas là où elle espérait être, et de s'informer.

La discussion dura un certain temps, la Demi-Orque pouvant se montrer parfois quelque peu obtuse. Heiwa... Shima... Ces noms ne lui disaient rien. Être sur un autre monde, c'était de la foutaise. Tout le monde savait qu'il y avait le monde des vivants, le monde des esprits et le monde des dieux, et pas des tas de mondes connectés par des tas de portails. Si elle, elle le savait, alors elle estimait que des gens qui avaient l'air encore plus civilisés le sauraient. Ils finirent par la convaincre de ne pas partir à la recherche du Banquet ou de son clan, mais de signer le registre de la ville et de s'installer ici un moment. Tak signa principalement pour qu'ils lui lâchent les chausses – la barbare nomade n'était jamais restée au même endroit plus que quelques semaines et ne comptait pas traîner dans le coin, mais là, elle avait mal au crâne, son estomac criait famine, et après tout ce blabla, une bière bien fraîche ne serait pas de refus.

Elle sortit du grand bâtiment et arriva sur une place très animée. Aveuglée par la lumière, énervée par la bonne humeur ambiante qui semblait faire fi de son désarroi, Tak grogna sourdement en s'avançant plus ou moins à l'aveuglette. Première étape, se poser quelque part, si possible à l'ombre et au frais, pour réfléchir deux minutes.
La Demi-Orque lança son bras vers la foule et attrapa une épaule au hasard.

« Hép ! Scusez. C'est où qu's'rait-y la taverne la plus proche, là ? »
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Age du Personnage : 17 ans
Race : Humaine
Métiers : Couturière
Argent : 1000

MessageSujet: Re: La Belle et la Bête [ avec Magda ; libre ? ]   Ven 26 Avr - 12:49

La Belle et la Bête


PV Tak


Une journée de plus s’entamait sur Heiwa. Ce nouveau monde hors du temps, ce monde dont tu ignores encore tout. Bien que tu sois arrivé ici depuis une semaine déjà, tu ne sais plus où tu en es. Tu es totalement perdue. Tout ce que l’on t’a appris jusqu’ici s’écroule, avec la réalité de cet univers inconnu. Pourtant, tu as essayé. Tu as tout fait pour garder la foi. Tu as attendu que quelqu’un enlève ces masques grotesques d’animaux, et t‘avoue que tout ça n’était qu’une mascarade montée de toute pièce, destinée à te faire rire –bien que ce ne soit absolument pas drôle. Mais personne n’a rien fait. Tout le monde semble continuer à vivre selon leurs coutumes, suivant le long fleuve de leur seconde vie, ne prêtant plus attention aux nouveaux arrivants. Si les gardiens des passages n’avaient pas été là à ton réveil pour t’expliqué là où tu as débarqué, tu n’aurais sans doute rien compris à ce qu’il se passait ici. Non pas que tu comprennes quelque chose à cet instant.

Le soir en t’endormant, tu priais pour te réveiller. Tu souhaitais plus que tout retrouver les personnes qui t’étaient chers. Les personnes de ton monde. Ta mère, ton père… Antonio, et même ta Gouvernante ! La seule personne qui ne te manquait pas, c’était ton fiancé. Quoi que ces derniers temps, tu t’es surprise à te laisser aller, pensant parfois à lui. Mais tout ce qui se passe ici est bien réel. Ainsi, chaque matin en te réveillant, tu ouvres les yeux sur ta nouvelle demeure, modeste et désertée. Chaque matin, tu te sens un peu plus accablée par le coup du sort… Tu commences à perdre espoir. La folie te guette ma fille, car pire que tout, tu commences par te faire une raison. Tu commences à t’imaginer que ce lieu existe pour de vrai… Honte à toi, le Créateur préfèrerait surement te savoir morte plutôt qu’envisager la possibilité que tu croies à cette supercherie.

Tu dois être folle. Il n’y a que ça. Prise d’une maladie, d’une forte fièvre qui brouillerait tes perceptions… Ou bien tu serais tombée dans cet état de semi vie… lorsque les personnes dorment mais jamais ne se réveilles. Lorsqu’elles se préparent à aller vers la mort… Comment appellent-ils ça déjà ? Oh, tu ne te souviens pas… Tu commences déjà à oublier… Mais peut être est ce qu’il ya de mieux à faire… Oublier. Recommencer. Vivre. Plutôt que pleurer son passé. Parce que c’est exactement ce que tu fais. Tu ne vis plus, tu meures une nouvelle fois. Tu te tues. Et le suicide est un pêché impardonnable. C’est refuser le plus beau des présent, gâcher le cadeau du Seigneur.

Assise sur le bord de ton lit, les yeux rougis par tes larmes, tu attends, sans bouger… Léthargique. Tu te dis bien que tu devrais bouger… Mais tu n’en a plus le courage. Tu es désorientée, et tu ne sais plus quoi faire. Tu as besoin d’aide. Tu as besoin de trouver des réponses… Et le meilleur endroit pour les trouver, c’est sans doute en cherchant à l’extérieur, et non pas en restant cloitré dans cette chambre. Réanimée comme par magie par une vague d’adrénaline, tu te redresses, et pars jusqu’à ton placard, que tu ouvres en grand. Dedans s’entassent quelques robes à la mode de chez toi… De grandes robes bouffantes, dans le parfait style de la renaissance italienne.

Tu te vêtis d’une belle robe verte, et sors à l’extérieur, toujours animée par cette flamme. Tu suis le courant de villageois, te laissant guider par les flux de circulation piétonnière. Bien vite, tu arrives à la place… Oui, c’est un bon endroit pour chercher comprendre ce qu’il se passe… Il te semble que c’est dans ce grand bâtiment, là, que tout à commencer… Pourquoi ne pas commencer à chercher par là ?

Tandis que tu cherches à te rendre vers la Chorelyas, tu sens une main te happer de la foule. Sans que tu ne puisses protester, tu es tirée en arrière, arracher à la circulation tranquille par une main puissante. Tu te retrouves face à une chose immonde, même pas humaine. Un teint verdâtre, de grosses narines, et quelques poils roussis et rêches sur le haut du crâne.


« Hép ! Scusez. C'est où qu's'rait-y la taverne la plus proche, là ? »

Tu regardes quelques secondes la femme en face de toi. Tu la toises de ton regard réprobateur, un de ces regards qui peuvent dissuader n’importe quel soldat de bouger face à la fureur d’une femme, un de ceux qui réduit les hommes à l’état de pantin.

« Je vous demande pardon ? »

Sans aucune marque de gentillesse ou de douceur sur ton visage sévère, tu donnes une tape sur la main posée sur ton épaule, histoire de la faire partir.

« Là d’où je viens, on ne pêche pas les gens de la sort pour leur parler avec aussi peu de cohérence. Je vous serais donc gré de m’aborder avec un peu plus de manières. »

o°._______________________________.°o


« La femme est une promesse non tenue. » Claude Mauriac
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