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 Margarita Aquae

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Age du Personnage : 17ans
Race : Humain
Métiers : Explorateur
Argent : 100

MessageSujet: Margarita Aquae   Mer 17 Avr - 17:36

Elle était assise prêt de la fontaine comme une dame d’antan, ses yeux rêveurs posés sur l’immensité du ciel. Par moment, des petites gouttes cristallines venaient assombrir les tissus de velours et de riches étoffes dont elle était parée. Ses longs cheveux noirs tombaient en cascade sur ses épaules aussi frêle que le chant d’un oiseau par un doux matin de printemps. Et même si son imagination se permettait un peu trop de licence poétique pour que cela semble réel, la contemplation de cette jeune dame avait interrompu l’adolescent comme le souffle de vent balaie une partie de cartes, le soir à la veillée du camping.

Il avait faim. Après sa récente déconvenue à l’auberge, dont il ne restait dans sa mémoire que les cendres de la honte, il n’avait osé se rendre dans le lieu de sa déchéance alcoolisé et n’avait donc que peu mangé depuis deux jours. Sa quête de nourriture et sa curiosité l’avait poussé à l’aventure dans les bois et les plaines qui bordaient la ville. Là, il n’avait trouvé que des fruits aux étranges formes, de ceux que l’on ne mange pas sans en connaître la nature. Et pour des raisons évidentes d’univers parallèle, il en ignorait la nature profonde et ne put se hasarder à en faire un repas. Il prolongea donc ses explorations fastidieuses et tomba au détour d’un sentier sur un buisson de framboises. Descendant ensuite vers les plaines il trouva un abricotier et ces deux repas frugaux avaient constitué, depuis deux jours, l’essentiel de sa nourriture.

Pourtant le contact clair de la nature lui avait remis les idées en place ; il éprouvait du plaisir quand il sentait les brins d’herbes se pliaient sous ses pieds et que raisonnaient autour de lui le chant sauvage de la forêt. Ses pérégrinations avaient été menées au hasard de ce labyrinthe végétal qui entourait la ville et il avait pu apercevoir, loin au-dessus des plaines, une chaine de montagne qui s’élevait si vite que ses sommets donnaient l’impression d’éventrer le ciel. En guise de gouttes de sang tombaient de lourds nuages gris qui tourbillonnaient autour des neiges blanches à la manière des mouches près d’une ampoule. L’envie lui hurla de se diriger vers cette inconnu alpin et mystérieux mais la sagesse et la certitude que toute chose mérite d’être bien faite, et donc avec de l’équipement, le ramena sur terre et il se dirigea après une courte errance vers la civilisation.

Il était donc redescendu en ville, affamé et fatigué, après une deuxième nuit à la belle étoile ; le ciel était clair en cette période et la température encore doux ; l’hiver existait-il dans ce monde-là ? Que deviendrait il quand celui-ci tomberait rudement, emprisonnant la campagne de sa poigne glacée et rendant létales les nuits que n’abriteraient pas de solides murs et un toit protecteur. L’auberge allait redevenir une destination essentielle s’il voulait avoir une chance de survivre et c’est pourquoi, ravalant son courage, il avait pris la direction de cette dernière, une seconde fois et surement pas la dernière. En ce matin, les rues de la ville étaient bruyantes et cela faisait comme une cacophonie de labeurs. Les cris des boutiquiers répondaient aux bruits des forges, les marteaux tapaient drus sur les pavés et les murs pour bâtir là où il fallait bâtir et les odeurs des fruits se mélangeaient subtilement aux parfums des épices dans les étalages du marchés.

Dans sa marche un peu incohérente à cause de la fatigue et de son manque d’orientation, il arriva prêt de la place centrale où trônait une fontaine ; j’ai conscience bien sûr qu’une fontaine ne trône pas. Elle n’est pas l’égale des rois et des empereurs et ne peut exercer, de par l’endroit où elle est posée, une domination visible et reconnue par tous et sur tous. Mais d’une certaine manière, cette fontaine était un centre et tous s’en servaient comme centre. C’est en ce sens-là qu’elle trônait, disposant d’une sérénité infinie qui s’écoulait au rythme de ses flots limpides. Les groupes s’y donnaient rendez-vous, certains s’en servaient comme repère et d’autres venaient juste se prélasser tranquillement sur ses rebords. Toujours est-il qu’elle se trouvait là, assise sur le rebord de pierre qui dominait l’eau cristalline, belle et innocente comme un matin, donc de printemps.

Elle avait les caractéristiques que l’on prête à ses dames de la renaissance. Sa tenue ressemblait à celle d’une série moyenne-ageuse d’HBO, sa chevelure invoquait aux cœurs des hommes le souvenir d’une antique douceur. Frappé qu’il était Aloysius s’arrêta pour déchiffrait les mystères de cette dame ancienne. Son phénotype était européen, si elle venait de son univers, plutôt du sud, italienne ou espagnole, peut être française… Sa tenue, si il se souvenait bien de ce qu’il avait lu, ne portait pas de hautes distinctions apparentes de la noblesse mais été assez finement brodée. Bien sur les nuances existantes dans tout cet apparat lui échappaient complètement mais tout cela avait l’air de belles factures.

Prenant conscience, par l’aide du temps qui passe, que son comportement était le comble de l’impolitesse et le summum du stalking, il reprit ses esprits comme il peut, fit volteface et voulut reprendre le chemin de l’auberge. Il n’avait guère envie d’être perçu comme quelqu’un de pervers ou malsain ; mais plus que par sa beauté, cette dame l’avait surprise par ses caractéristiques. Cela dit, c’était quelque chose de difficile à justifier. Un jeune homme regarde rarement une jeune fille avec un regard qui n’est pas carnivore ; d’autant que dans le cas échéant, elle était des plus charmantes et qu’une légère lubricité avait su tremper sa plume fangeuse dans son regard curieux. Conscient de cela, de sa propre perversité qui s’ajoutait à la curieuse situation qui l’avait poussé à s’arrêter, il ferma les yeux aux moments de repartir l’espace d’une demi-seconde et fit les premiers pas qui se dirigeaient hors de la place vers l’auberge.

C’est alors que le monde s’écroula sous ses pieds. Le sol se déroba sous sa semelle mal-assuré ou du moins en eut il l’impression. Sa jambe retomba sur quelques choses de mous à moins qu’elle n’ait perdu elle-même sa rigidité. Sa jumelle refusa elle simplement de se soulever et le sol ne se déroba plus quand elles fléchirent pour propulser l’adolescent sur les pavés. Il heurta de manière comique les dalles de pierre et resta sur le sol quelques secondes. Ses jambes étaient tremblantes et elles lui semblaient aussi solides que la neige qui fond sous le soleil d’Avril. Et Aloysius resta donc là, dans l’état hypoglycémique le plus totale, sous le regard des gens présents.
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Margarita Aquae

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